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VOYAGES EN TERRES JAINES depuis 2003.


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SHRAVANABELAGOLA, l'ART des JAINAS (I) (ete 2005). 25 PHOTOS.

 

 

SHRAVANABELAGOLA

 

ou

 

l'ART des JAINAS (I)

 

 

 

 

 

Si je dis Jaisalmer ? Ou Shravanabelagola ? - Silence...

Si je dis : Ranakpur ? Mount Abu ?

Ceux qui ont voyagé dans le Rajasthan s'agitent : "Les Jaïnas !"

Exact ! Mais la liste peut se prolonger avec : Gwalior, Sonagiri, Khajuraho, Mandu... sans compter l'Inde du sud...

 

 

Les temples jaïns sont admirables. Les souvenirs de 2003, associés à ceux de 2005, sont assez vifs pour m'inciter à commencer ce texte.

L'amour des Jaïns pour leurs temples est une évidence, même pour un novice. Avant 2003, je ne connaissais rien du jaïnisme. Cette découverte a été l'un des chocs inoubliables de ce premier voyage.

La beauté ne peut s'expliquer, elle est.

Mais après l'avoir croisée, on peut en prolonger le souvenir en y songeant, même des années plus tard. Et écrire en son honneur des écrins de mots, dont les poèmes sont les plus subtils.

 

Au Karnataka en 2005, j'ai découvert SHRAVANABELAGOLA.

"L'Ermite du lac blanc" peut se visiter selon trois axes :
- La colline principale, celle de la statue. La plupart des touristes s'en contentent.
- L'autre colline, aussi intéressante, en réalité.
- La ville, qui fourmille de temples, monastères, et autres curiosités.



Je fais la grimpette de la colline Vindhyagiri (j'ai dû être une chèvre dans une vie antérieure). En s'élevant peu à peu pieds nus par l'escalier, une rampe interminable tout en zigzags, on repère tous les sites à visiter plus tard : sur l'autre colline et dans différents quartiers de la ville. Le grand bassin est un bon point de repère.

 

Une sorte de plan grandeur nature apparaît. Voilà ce que c'est que prendre de la hauteur ! (d'ailleurs, ni l'office du tourisme, ni personne ici n'a de plan).

La première enceinte fortifiée débouche sur un monastère abritant plusieurs statues de saints jaïns.

 

 

Temples, pavillons et oratoires sont éparpillés à flanc de colline.

 

J'allais dans l'allégresse d'un pavillon à un temple, d'une haute colonne à un rocher, d'une sculpture à des lichens d'un mauve délicat.

 

Un grand rapace passa deux ou trois fois au ras du sol, décrivant d'amples courbes dans l'espace.

Comble de chance, j'étais presque seul, car ce flanc de colline vers l'Ouest s'écartait de la montée principale.
Exaltation du chasseur d'images, dans la beauté de la nature et des oeuvres d'architecture.

 

 

 

 


 

L'un des temples est de pur style dorien, sans doute venu directement du Péloponnèse, parachuté par Parthénon Airlines, pour se planter en terre indienne !



Retour à l'escalier central. Depuis la ville, des porteurs permettent aux malades, aux personnes âgées, ou aux fatigués de naissance d'accéder jusqu'au temple du sommet.

 

 

Montée jusqu'à la seconde enceinte après le franchissement de plusieurs arcs et portes.
Etrange... La tête de Bahubali, le saint jaïn, dépasse de la muraille du temple supérieur !

 

Autre surprise, en entrant dans la cour du temple, la statue est prise d'assaut par des échaffaudages, grimpant jusqu'à son sexe...

 

Comme dans "Les voyages de Gulliver", à son réveil le héros se retrouve ligoté par l'activité des Lilliputiens. En fait, comme tous les 12 ans, on va laver entièrement la statue du premier Tirthankar en signe de purification. Dans quelques jours, les échaffaudages atteindront la tête.



Sous la galerie, des dizaines de statues de tirthankars trônent dans l'obscurité, tandis que dans la cour les fidèles prient, orientés vers l'énorme statue blanche.

 

 

Une douzaine d'ouvriers complètent le réseau complexe des échaffaudages.

 

Dans la cour, des ouvriers s'activent au milieu des pierres sculptées, puis lavent des gamelles. Je remarque une famille de Jaïns en prière.

Le père montre les rites à son grand fils, lit dans son livre grand ouvert, tandis que la mère chantonne, approuve de la tête.

Avant mon départ, j'assiste au décompte de l'argent versé dans les troncs par les donateurs.



Deux soirées de suite, je photographie de somptueux couchers de soleil, non pas roses comme à Hampi, mais jaunes, oranges, bleus cobalt avec d'étranges mélanges de couleurs.

A chaque fois, je descends de la colline avec un optimisme à son zénith, impatient du lendemain.



L'autre colline, Chandragiri, est moins haute, mais accueille un monastère dont l'enceinte regroupe 14 temples.

 

 

Dès le porche d'entrée, le spectacle est superbe : deux colonnes jaillissent du sol pour symboliser la verticalité du lieu, quatre temples sont accrochés à la roche, de ravissants pavillons abritent des stèles, et une statue de Tirthankar, à laquelle manque les jambes, s'appuie sur un tas de cailloux.



Parmi les quatorze temples, mon préféré est le Chavundaraya, un exemple d'architecture Ganga du Xeme s. C'est un observatoire idéal.

 

Depuis sa terrasse, la vue est superbe sur le site, les collines et les vallées environnantes.

 

                 Sculpture du toit du temple Chavundaraya.

 

Des nonnes jaïns en toges blanches, passent de temple en temple, un balai de plumes de paon à la main.

Des ouvrières transportent des gravâts dans une corbeille en équilibre sur leur tête à travers ce chantier perpétuel.

 


Pendant que les ouvriers font leur pause repas, je monte sur la muraille pour photographier la vallée, d'où remontent les "tap-tap" des lavandiers, qui travaillent au bord d'un étang.

 

 

Alors que je visite les derniers pavillons et temples, ma batterie clignote, puis me lâche. Cela tombe bien car au bout de cinq heures de visite, je suis affamé.

En ville, entre les deux collines, plusieurs temples sont proches de la place principale :
- Le Mangayi construit vers 1325, dont la structure est très simple. Autour, des cabanons où logent des nonnes jaïns. Un Jaïn entièrement nu, tenant une grosse théière et un balai, nettoie devant lui, puis entre dans le temple en chantonnant.
- Le Bhandari, du XIIeme s, dont le porche d'entrée est égayé de guirlandes de drapeaux multicolores, suite à une fête sans doute.

 

 

A l'intérieur, on croirait des décorations de Noël !

A la sortie, un Jaïn nu ("habillé de Ciel") passe dans la rue et entre dans une maison qui donne sur la place.

 

- De l'autre côté de la place, un temple magnifique, possède une entrée encadrée de dorures.

 

Son intérieur est chaleureux grâce au plancher de bois, à une verrière zénitale, aux nombreuses sculptures et fresques.

 

 

De vieilles fresques couvrent les murs comme des bandes-dessinées multicolores.

 

Elles racontent l'histoire des Jaïns avec des détails savoureux sur leur vie quotidienne, les travaux des champs, les loisirs comme la chasse, ou sur les grandes réunions.

 

 

 

 

 

 

 

Portes, colonnes et sculptures sont superbes.

A suivre...

Lionel Bonhouvrier.



Publié le 18/09/2011 à 12:33, dans Z. SHRAVANABELAGOLA, L ART des JAINAS (I), Shravanabelagola
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